3. Briser la loi du silence


AGIR, c'est commencer par
BRISER LA LOI DU SILENCE :


Parler d'inceste, c'est se heurter à de fortes résistances et pressions :

C'est douloureux et dérangeant, même pour les adultes, de questionner l'institution familiale. Ainsi, l'injonction au silence va bien au-delà de la victime d'inceste et de sa famille.

Pourtant, 80 % des abus sexuels sur enfants sont commis dans la famille par quelqu'un de la famille! Il va falloir le reconnaître!

Pour que se brise la loi du silence, il y a une véritable nécessité :

Car la communication et la parole sont essentielles autant pour prévenir que pour intervenir.


 Pour favoriser la prise de conscience et la parole,
pour aider au mieux les victimes d'inceste,
parce que c'est aux adultes de protéger les enfants


SOS INCESTE POUR REVIVRE propose des séances d'information innovantes destinées aux ADULTES.
Si tout le monde bouge, ça bougera!
Campagne française contre la maltraitance sous toutes ses formes.


 
4. Témoignages et messages d'espoir...


"Plus de force... Je suis toujours en vie, alors que je n'en peux plus de ce harcèlement quotidien. Je n'en peux plus de douter. Abolies les frontières entre le Bien et le Mal. Parties les références. J'avais toujours cru ce que m'avaient dit mes parents. Dorénavant, je suis brutalement transportée dans un monde que je ne reconnais plus; un monde où tout est mis en question, un monde où ce qu'on me dit, ce qu'on me fait ne correspond pas à ce que je ressens ni à ce que je désire".

Isabelle


"Depuis un certain temps, j'ai l'habitude, quand je ne peux dormir la nuit, de prendre une feuille, d'écrire ce qui me passe dans la tête et de la brûler dans ma cheminée. Cela devient ma "prière méditation", en voyant que les déchets en brûlant, peuvent produire de la lumière, de la chaleur.
Jour après jour, j'apprivoise cette blessure. Je l'accompagne et elle m'accompagne."

Marie-Claire


"Tout est possible à celui qui croit... On peut toujours perdre patience, mais il ne faut jamais abandonner.
Courage, courage, une seconde naissance s'ouvre à toi, papillon "blessée "

Laurence


 Depuis sa création en novembre 1994 à Nantes,
SOS INCESTE POUR REVIVRE
a reçu plus de 1300 témoignages et appels à l'aide

Autres témoignages



5. La législation française

Peines encourues par l'auteur selon le Code Pénal

Commis par
un ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime

ou un groupe
ou une personne armée ou recruté via internet
Commis par
un majeur
Commis par
un mineur de 13ans et plus
VIOL (222-23)
sur moins de 15ans
CRIME
20ans de prison (222-24-2&4)

prescription aux
38ans* de la victime
CRIME
20ans de prison (222-24-2)

prescription aux
38ans* de la victime
CRIME
20ans de prison (222-24-2)

prescription aux
38ans* de la victime
VIOL (222-23)
sur 15 ans et  plus
CRIME
20ans de prison (222-24-4)

prescription aux
38ans* de la victime
CRIME
15ans de prison (222-23)

prescription aux
38ans* de la victime
CRIME
15ans de prison (222-23)

prescription aux
38ans* de la victime
AGRESSION SEXUELLE(222-22)
ou tentative (
222-31)
sur moins de 15ans
DELIT
10ans de prison (222-30-2)

prescription aux
38ans* de la victime
(hors via internet)
DELIT
7ans de prison (222-29-1)

prescription aux
28ans* de la victime
DELIT
7ans de prison (222-29-1)

prescription aux
28ans* de la victime
AGRESSION SEXUELLE(222-22)
ou tentative (
222-31)
sur 15ans et plus
DELIT
7ans de prison (222-28)

prescription aux
28ans* de la victime
DELIT
5ans de prison (222-27)

prescription aux
28ans* de la victime
DELIT
5ans de prison (222-27)

prescription aux
28ans* de la victime
ATTEINTE SEXUELLE(227-25)
sur moins de 15ans
DELIT
10ans de prison (227-26)

prescription aux
38ans* de la victime
(hors via internet)
DELIT
5ans de prison (227-25)

prescription aux
28ans* de la victime

ATTEINTE SEXUELLE(227-27)
sur 15ans et plus
DELIT
2ans de prison (227-27)

prescription aux
28ans* de la victime
(hors armé, groupe, via internet)




Droits de la victime


Pour soutenir les victimes dans l'épreuve judiciaire, il a progressivement été mis en place des outils:

- l'expertise dite de « crédibilité » menée par un(e) spécialiste. Cette expertise de crédibilité apporte un contrepoids nécessaire aux accusations de « fausses allégations » dont sont accusées les victimes puisque dans 95% des cas, l'abuseur nie.

- Pour les mineurs:

- l'enregistrement sonore ou audiovisuel de la première audition pour éviter les répétitions et les confrontations à l'abuseur.

- l'assistance lors des auditions par un(e) psychologue, ou un(e) médecin, ou un(e) membre de la famille.

- Nomination d'un administrateur ad hoc en cas de conflit d'intérêt entre le mineur et les détenteurs de l'autorité parentale.

Administrateur ad hoc : le juge peut nommer une personne digne de confiance pour défendre les intérêts du jeune en cas de conflit. Ainsi, il représente l'enfant maltraité. L'enfant aura donc le statut d'un simple témoin. L'intérêt pour le jeune, n'est pas de déclencher les poursuites (rôle du Parquet) mais de se constituer partie civile et donc, d'avoir accès au dossier et d'avoir un avocat. Il n'y a pas de possibilité d'appel en cas de refus de nomination d'un administrateur ad hoc.

Y. FAVIER in « la Protection et les Droits de l'Enfant Maltraité », Sauvegarde de l'Enfance du Finistère, sept. 1995.


Les difficultés que pose la loi


- Les
délais d'enquête laissent certains enfants pendant plusieurs mois en danger dans leur famille.

- La victime doit fournir des
preuves à charge suffisantes pour entamer une procédure pénale: comment prouver des attouchements, une fellation? C'est d'autant plus difficile lorsque la victime n'ose parler que plusieurs années après les faits. Les preuves matérielles n'existent plus. Seuls des témoignages peuvent appuyer en tant que "charges" le dossier de la victime. Or, après avoir dévoilé les faits, la victime se retrouve souvent seule et rejetée.

- Le non consentement d'un mineur n'est pas automatique, et celui-ci doit prouver qu'il y a violence, contrainte, menace ou surprise pour qualifier l'abus sexuel en viol. L'arrêt de la cour de cassation du 10 mai 2001 est révoltant!

Ainsi, souvent, notre système judiciaire profite à l'abuseur et isole la victime, la replongeant dans une effroyable confusion... Et s'il est mineur, l'enfant qui n'a pas pu prouver ses dires devra continuer de vivre dans sa famille avec son abuseur!

- le délai de prescription* pour engager une procédure pénale:

Les délais de prescription sont immédiatement applicables aux infractions commises avant l'entrée en vigueur de la loi, dès lors que la prescription n'est pas encore acquise (article 50 de la loi du 10/07/1989).
Les délais de prescription sont régis par les lois :

Loi du 10/07/1989  Crime par personne ayant autorité => 10ans après la majorité
Loi du  04/02/1995 délit par personne ayant autorité => 3ans après la majorité
Loi du 17/06/1998 Crime par personne n'ayant pas autorité => 10ans après la majorité
Loi du 17/06/1998 délit  sur moins de 15 ans par personne ayant autorité  (222-30 & 227-26) => 10ans après la majorité
Loi du 17/06/1998 délit => 3ans après la majorité
Loi du 09/03/2004 Crime et délit 222-30 & 227-26 => 20ans après la majorité (textes officiels)
Loi du 09/03/2004 Délit  => 10ans après la majorité (textes officiels)

Tableau donnant les dates de prescription.

Attention : pour ne pas être prescrit le crime ou le délit ne doit pas être prescrit ni dans la colonne "subi après le" ni dans la colonne "vous êtes né après le".
   Date de la prescription pour un acte commis sur mineur, depuis la Loi du 09/03/2004  Pour un dernier acte subi après le  et si vous êtes né après le
Viol Commis par
un ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime

ou un groupe
ou une personne armée ou recruté via internet
au 38ans de la victime

10/07/1979

Crime commis avant le 10/07/1979 => PRESCRIT avant la loi du 10/07/1989

09/03/1976

Né avant le 09/03/1976 => prescrit (loi du 10/07/1989)

Viol (commis par personne n'ayant pas autorité) au 38ans de la victime

17/06/1988

Crime commis avant le 17/06/1988 => PRESCRIT avant la loi du 17/06/1998

09/03/1976

Né avant 09/03/1976 => prescrit (loi du 17/06/1998)

délit sexuel Commis sur moins de 15ans par
un ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime

ou un groupe
ou une personne armée ou recruté via internet
222-30  & 227-26
au 38ans de la victime

04/02/1992

Délit commis avant le 04/02/1992 => PRESCRIT avant la loi du 04/02/1995

17/06/1977

Né avant 17/06/1977 => prescrit avant la loi du 17/06/1998

délit sexuel Commis sur moins de 15ans (commis par personne n'ayant pas autorité)

au 28ans de la victime

17/06/1995

Délit commis avant le 17/06/1995 => PRESCRIT avant la loi du 17/06/1998)

09/03/1983

Né avant 09/03/1983 => prescrit avant la loi du 9/03/2004

délit sexuel Commis par
majeur  ayant autorité sur la victime

ou un groupe
ou une personne armée ou recruté via internet
 227-27
au 28ans de la victime

04/02/1992

Délit commis avant le 04/02/1992 => PRESCRIT avant la loi du 04/02/1995

09/03/1983

Né avant 09/03/1983 => prescrit (loi du 17/06/1998)

délit sexuel (commis par personne n'ayant pas autorité) au 28ans de la victime

17/06/1995

Délit commis avant le 17/06/1995 => PRESCRIT avant la loi du 17/06/1998)

09/03/1983

Né avant 09/03/1983 => prescrit (loi du 17/06/1998)


  vérifiez  (ici)  s'il y a prescription dans votre cas!  

Passé ce délai, la victime ne peut plus entamer de poursuite pénale contre son (ses) agresseur(s).

Ce laps de temps est trop court: de multiples facteurs (dépendance psychologique et financière à la famille, résistances psychiques, amnésie, déni...), enferment la victime dans le silence. La prise de conscience de la réalité des faits ne parvient que plus tardivement.

Ce travail mobilise une dépense d'énergie épuisante et douloureuse. C'est le fruit d'une longue maturation psychologique et d'un grand courage. Cela peut prendre plusieurs années. Malheureusement, le désir d'être reconnu(e) en tant que victime par la justice et par la société, peut être entravé par le délai de cette prescription.

Néanmoins, si les faits sont reconnus, il est possible d'engager une assignation civile pour tenter d'obtenir des dommages et intérêts. Le délais de prescription est de trente ans après les faits ou après agravation de l'état de la victime. L'assignation civile est aussi souvent moins traumatisante que le pénale car il n'y a pas de confrontation avec l'abuseur.

N'hésitez pas à vous renseigner auprès d'organismes tels que " La Maison du Droit et de la Justice au 02.51.80.64.30 ou La Maison de l'Avocat " au 02.40.20.48.45.


 Notre lutte

Comme de nombreuses associations engagées dans la protection et le Respect de l'Enfant et de l'Adolescent,
nous demandons aux législateurs français de :
  • nommer le terme "inceste" dans le code pénal.
  • lever tout délai de prescription en cas d'inceste.
  • la répétition des faits doit être une circonstance aggravant.
  • redéfinir le viol de façon claire :
    • sodomie, fellation, masturbation, ... sont des viols que ce soit de l'adulte sur l'enfant ou de l'enfant sur l'adulte 
    • un mineur ne peut pas être consentant vis à vis d'une personne faisant autorité 
    • un mineur de 13 ans ne peut pas être consentant



RESITUER LA VICTIME
à sa place est fondamental
pour la délivrer de toute honte et culpabilité.

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