2. Qu'est-ce que l'inceste?
Définition

La définition usuelle:
« Union illicite entre parents à un degré pour lequel le mariage est interdit » (définition du Petit Larousse).

L'inceste et la loi française:
Dans la législation française, l'inceste n'est pas nommé. Le code pénal le classifie comme viol ou comme agression sexuelle, avec circonstances aggravantes puisque commis par ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute personne ayant autorité.

Notre définition:
L'inceste est une relation à caractère sexuel entre des membres d'une même famille: père/fille, père/fils, mère/fille, mère/fils, frère/soeur, oncle, tante, grand-parent... ou toute personne ayant autorité parentale sur l'enfant: beau-père, belle-mère ou concubin, concubine...
Il s'agit d'attouchements et/ou d'actes de pénétration sexuelle (vaginale, anale, buccale) par organe sexuel, doigts, ou au moyen d'un objet.

L'inceste a plusieurs visages. Son expression peut prendre plusieurs formes:

- il peut survenir brutalement,
- il peut être aussi une relation faite de caresses et de séduction qui s'installe et s'immisce peu à peu, emprisonnant la victime: une relation sans violence physique mais dans une violence psychique extrême..

L'inceste est interdit



La prohibition de l'inceste est une institution à caractère universel. Elle se retrouve dans toutes les sociétés.

« Cette prohibition, tout comme celle du meurtre, fonde et structure l'organisation sociale, le processus d'humanisation et d'individualisation, c'est-à-dire la naissance du sujet humain. »
Laure RAZON (1996) -Enigme de l'inceste, Du fantasme à la réalité-

 

La Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ratifiée en France, le 09 septembre 1990,
affirme
qu'il n'y a JAMAIS consentement de l'enfant.

Pourtant l'inceste existe. Il y a quelques années encore, tout le monde pensait que les victimes d'inceste étaient essentiellement des adolescentes. A force d'être confrontés à la réalité quotidienne, il nous a fallu admettre que des enfants (filles ou garçons) très jeunes, voire bébés, étaient abusés.

Nous devons accepter que le monde ne soit pas aussi beau et bon que nous souhaitons l'imaginer.

Admettre la réalité, aussi dure soit-elle,
c'est la condition du changement!



L'inceste, une histoire familiale


La famille est a priori perçue comme un lieu idéal qui offre tendresse, affection et sécurité pour tous ses membres. Et le plus souvent la famille où se commet l'inceste offre aux yeux de la société l'apparence d'une famille harmonieuse et stable. En réalité, s'y dissimulent des secrets qui taisent violences familiales et dysfonctionnements.

Dans une famille où se commet l'inceste, il règne:

La personnalité manipulatrice de l'abuseur et parfois la complicité plus ou moins consciente de l'entourage, contribuent à offrir à l'extérieur une image sans faille.

L'inceste existe dans tout type de famille : il n'est pas lié aux conditions socio-économiques, ni au niveau intellectuel, ni aux convictions religieuses, politiques ou philosophiques de la famille. De même l'abuseur peut être aussi bien une femme qu'un homme.

" L'inceste met en cause la Personnalité du père, de la mère, leur histoire d'enfant et celle de leur couple. Les interactions avec leurs enfants et eux-mêmes permettent de comprendre qu'il s'agit bien d'un symptôme, qui est l'expression d'une confusion et d'un malaise profond qui touche tous les membres de la famille."

M. Rouyer, M. Drouet (1986)

"-L'enfant violenté, des mauvais traitements à l'inceste.-"

L'inceste, une souffrance tabou

 


L'inceste est une irruption des fantasmes d'un adulte dans la réalité de l'enfant.

Dans le secret familial, l'enfant abusé vit un profond traumatisme tant physique que psychique:


 Il n'y a JAMAIS d'inceste heureux




Les symptômes post-traumatiques

A court, moyen et long terme, la victime d'inceste peut présenter des symptômes post-traumatiques.

Ils sont corrélatifs à de nombreux facteurs: l'âge, la maturité physique et psychologique de la victime, le climat familial avant et après les révélations, la durée de l'abus...

En voici un bref récapitulatif:


SYMPTOMES POST-TRAUMATIQUES

 

A


COURT


TERME


ET


MOYEN


TERME

1) Troubles somatiques

  • perte de l'intégrité corporelle, plaintes psychosomatiques (malaise, crise d'étouffement, vertiges, arrêt de règles, dermatose par lésions de grattage...)
  • troubles sphinctériens: énurésie, encoprésie
  • troubles de la conduite alimentaire: boulimie, anorexie, vomissements...
  • troubles du sommeil: anxiété au coucher et/ou à l'endormissement, réapparition de rituels du coucher, cauchemars, réveils nocturnes, fatigue...
  • tentatives de suicide

2) Troubles des fonctions intellectuelles et de la créativité

  • désintérêt voire absence de jeux
  • difficultés scolaires soudaines notamment dans les apprentissages de la lecture et l'écriture. Ou à l'inverse, l'investissement scolaire intense
  • dessins stéréotypés

3) Troubles comportementaux

  • difficultés d'adaptation, apathie, état d'allure confuse, phobies névrotiques: peur du noir, peur de la solitude...
  • méfiance, agressivité envers l'adulte, signes dépressifs, anxiété, dévalorisation de sa propre image et perte d'estime de soi
  • culpabilité, honte
  • sexualisation en décalage par rapport à son âge

 

A


LONG


TERME

 

  • dépression, anxiété pathologique
  • comportements suicidaires
  • phobies
  • conduites à risque: délinquance, errance, marginalité, prostitution, polytoxicomanies
  • diminution voire perte de l'estime de soi
  • blocage sexuel, sexualité perturbée
  • troubles alimentaires
  • impossibilité à dire " NON "

(symptômes repris dans plusieurs manuels de psychiatrie)

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